vendredi 17 novembre 2017

Harcèlement (2)

La violence se manifestait le plus souvent à la sortie du collège...Moi, j'avais appris des trucs pour les éviter, mais pas elle...Elle ne leur cédait pas d'un pouce..Elle sortait aux mêmes heures,  savait qu'ils l'attendaient dans le petit chemin qu'elle empruntait pour rentrer chez elle, ils l’entraînait dans une remise à foin afin que personne ne les voient faire leurs petites saloperies et la bagarre commençait..Elle ne faisait pas le poids mais se battait vaillamment...ça durait 10 à 20  minutes, elle saignait du nez, une fois il lui cassèrent une dent...J'ai assisté une fois à cet abattage en règle, d'autres élèves étaient là qui encourageaient les tortionnaires par leurs cris...j'ai pris la fuite lâchement...j'étais terrorisée...

Ce soir là, alors que je m'étais réfugiée en pleurant dans le placard sous l'escalier , la porte s'ouvrit et je vis apparaitre mon frère...Il s'installa tout près de moi sans un mot....Il me tendit un mouchoir et  me dit : "racontes!"

J'ai tout dis, tout ce que j'avais subi, tout ce que cette gamine subissait, tous ces adultes qui s'en foutait....et moi qui n'en pouvait plus d'avoir peur, qui n'avais pas d'amis , qui n'osais pas vivre pleinement ma scolarité de peur de me faire tabasser....Je le voyais serrer les dents, j'ai même vu une larme pointer dans ses yeux.....Pourquoi n'as tu rien dit ? je l'ai regardé....je n'ai pas eu besoin de parler, il savait qu'il n'avait pas été présent, ni pour moi, ni pour les parents...

Ce soir là, on s'est parlé comme jamais...il m'a parlé de ses frustrations, de cette vie qu'il n'acceptait pas, de son incompréhension ...Les parents n'avaient rien expliqué de leurs problèmes, on s'était retrouvé dans le camion de déménagement sans une explication...

Il leur en voulait de ce silence, il avait 17 ans, il pouvait comprendre....
c'était les vacances de Noël, cette parenthèse sans école allait nous faire du bien à tous...Notre père ne travailla pas durant une semaine et fut plus disponible...On put reprendre le dialogue, des questions furent posées, sans crainte...Mon père y répondit, et pour la première fois depuis bien  longtemps on le vit détendu ...Car  il  aurait peut être une bonne nouvelle à nous annoncer pour Noël...La boite qui l'embauchait cherchait un comptable, son patron appréciait  beaucoup son courage et sa détermination et c'était lui qui lui avait proposé ce nouveau job...Notre mère, elle, venait de passer un entretien...Un poste de secrétaire était à pourvoir dans la même entreprise que lui... et si tout fonctionne bien, mon patron nous propose d'occuper une maison tout près de l'entreprise...Une belle maison qu'on pourra acheter en location-vente...

Que des  bonnes nouvelles pour Noël...mon frère et moi, n'eûmes pas le courage de parler du harcèlement  scolaire . Ils étaient heureux, à quoi bon assombrir ce bon moment qu'on passait tous ensemble !
Il y eut des belles journées pleines de complicité entre mon frère et moi....Bientôt l'école reprendrait et rien que d'y penser la nausée montait....

Mon frère me rassurait, il prenait mon bien-être très à cœur...Je te promets que les choses vont changer, fais moi confiance!
Je ne savais pas ce qu'il complotait, mais il y eut des coups de fils, des rencontres à l'extérieur d'où il revenait le sourire aux lèvres ....
Noël fut superbe! mes parents rassurés sur leur sort, nous firent des cadeaux , un beau sac d'école pour moi, un abonnement sportif pour mon frère,  on veilla tard, on eut même droit à un petite coupe de champagne...

Le jour de la rentrée arriva trop vite.....Ma mère fut étonnée quand elle me vit descendre avec mon bon vieux sac...Tu ne portes pas le nouveau m'interrogea t elle? Non, je préfère le garder encore un peu...celui là, fera bien l'affaire jusqu'à la fin de l'année...

Ils avaient obtenu tous les deux le travail qu'ils voulaient...et ce matin là, nous franchîmes à 4 la porte de l'appartement...Nous pouvions commencer à faire les cartons, on déménagerait  à la fin du mois !

Mon frère m'accompagna  jusqu'au collège...C'était bien la première fois qu'il le faisait! Je serai là ce soir à 16h et je t'attendrai dans le petit chemin, tu n'as aucune crainte à avoir !

J'étais rassurée de le savoir là...Toute la journée, j'ai essayé de parler à Marie, afin qu'elle parte en même temps que moi...à deux, avec mon frère, on ne risquait pas de se faire attaquer...Mais je n'ai pas pu lui parler ...

Dès la sortie, l'attaque commença dans la cour...le sac de Marie vola dans les buissons et comme elle se penchait pour le ramasser, un des garçon la poussa fortement du pied afin qu'elle s' affale durement par terre... Deux profs discutaient dans la cour, ils virent tous les deux ce qui se passait, à part pousser un cri, pas un ne bougea...

Les 4 tarés sortirent en ricanant et se dirigèrent vers le petit chemin....  J'aidais Marie à se relever, et je lui dis de m'accompagner, mon grand frère serait là pour nous protéger...elle me suivit, un peu réticente...

Dès que nous arrivâmes dans le petit chemin, on stoppa net au spectacle qui se présentait à nous....Il y avait une quinzaine de grands gaillards qui faisaient un rempart autour des 4 bourreaux....Mon frère, des amis qui étaient au même lycée que lui, les 4 frères de Marie et leurs copains ....Ils poussèrent sans ménagement les quatre tortionnaires qui commençaient à ne plus crâner vers la remise ...on sentait la peur dans leur yeux! La  terreur avait changé de camp ...Mon frère nous demanda à Marie et à moi de rentrer chez nous...

Le chemin fut long jusqu'à la maison, le temps s'écoulait lentement...J'attendais le retour de mon frère avec impatience .....lorsqu'il rentra , il me prit dans ses bras et me dit : c'est fini....plus jamais, ils ne viendront vous torturer....

Le lendemain, j'abordais la cour de l'école le cœur un peu plus léger...Marie était là et me souriait....viens, me dit elle! Je la suivis à l'intérieur de l'établissement, et j'ai dû me mordre les lèvres pour ne pas éclater de rire ! les 4 tarés étaient là en piteux état...Non seulement ils avaient pris la raclée qu'ils méritaient, mais ils avaient tous les quatre la boule à zéro....les deux filles qui avaient des cheveux longs superbes, avaient le crâne rasé, ainsi que les deux garçons...leurs parents hurlaient près du bureau du proviseur, ils demandaient à ce que des têtes tombent...que les bandits qui avaient rasé leurs petits chéris se dénoncent, qu'ils allaient porter plainte.....

Je croisai leurs regards, et Marie, elle ,  éclata de rire !! cet éclat était si contagieux que tous les autres élèves se mirent à rire eux aussi ! il faut dire que nous n'avions pas été les seules à avoir été maltraités...Tous, dans ce collège les craignaient...et de les voir déplumés ainsi ça nous réconfortait , ça nous mettait du baume au cœur...
Une enquête fut ouverte....Mais personne ne connaissait la bande de jeunes qui avaient puni ces malheureux ...et même si certains en connaissait, personne n'osa ouvrir la bouche !

Rapidement les parents changèrent leurs rejetons d'école ...Mais comme ça avait fait la UNE du journal local ils ne passaient jamais inaperçus....Ces petites brutes avait trouvé plus forts qu'eux et n'étaient pas prêts de recommencer...

Curieusement, plus personne dans le collège ne s'amusa à ce genre de harcèlement...Le mot avait été passé et quiconque  prendrait  un gamin ou une gamine pour cible subirait la même chose que les 4 petits tondus....

Nous changeâmes de maison, la vie devint plus douce dans la nouvelle maison....les années au collège passèrent très vite et mes notes s'envolèrent comme par magie !
J'abordai le lycée avec beaucoup plus de  sérénité...Mon frère y avait passé 3 ans et avait laissé de bons souvenirs dans la tête des profs... Je me suis fais plein d'amis mais souvent, je pense  à la petite souris que j'étais lors de mon arrivée en 6 ème....et souvent je pense à tous ces jeunes qui subissent encore les sévices de gamins trop surs de leur impunité...Souvent je me dis que les profs, les adultes ne sont pas assez attentifs à la souffrance scolaire, et qu'il faut de temps en temps les rappeler à l'ordre...

C'est ce que je fais dans le journal que j'écris avec quelques camarades...Chaque mois différents sujets sont abordés, et une boite à idées est mise à la disposition des élèves....Chacun peut y parler anonymement ou pas, de ce qui le préoccupe....Avec le proviseur et les professeurs nous nous réunissons chaque mois...Parfois, pour dire tout ce qui va bien, mais aussi pour dire ce qui va mal...et chacun fait un bout de chemin pour améliorer le quotidien .....


Harcèlement .. (1)

Fiction.......

Elle se réveilla comme tous les matins avec la peur au ventre...cette peur dont elle ne pouvait pas parler, une peur cachée sous différents masques qu'elle se composait au fur et à mesure que la journée passait.....

Elle avait fait une entrée au collège le sourire aux lèvres, un peu craintive car elle passait dans la cour des grands, mais elle se réjouissait à l'avance de toutes les nouvelles copines qu'elle allait se faire...

Ses parents avaient déménagé à la fin de son CM2 et elle se retrouvait dans une ville où tout était à découvrir ! Elle avait dû, le cœur gros, faire ses adieux à ses amies du primaire, des amies qui avaient été en même temps qu'elle à la maternelle et qui avaient comme elle appris à lire et à écrire sous l'œil bienveillant d'une maîtresse à l'écoute....

La ville où son père avait trouvé un nouvel emploi, restait une inconnue pour elle.....Ses parents rencontraient de grosses difficultés financières et ils avaient été obligés de partir rapidement de l'appartement confortable qui était le leur....
Elle avait pleuré le jour de l'emménagement dans le nouvel endroit choisi par ses parents...Son frère aîné, du haut de ses 15 ans, avait piqué une crise monumentale..."je refuse d'habiter ce taudis hurlait il"...et elle, elle  s'était cachée dans le placard de l'entrée, se bouchant les oreilles pour ne plus entendre les cris....
Depuis, il faisait la tête..n'adressant plus la parole à personne, restant la journée entière sur ses jeux vidéos, les écouteurs sur les oreilles....Elle avait essayé de lui parler, de se rassurer, mais il avait hurlé sur elle tellement fort qu'elle s'était une fois de plus carapatée dans le placard sous l'escalier....

L'ambiance était électrique à la maison...Notre père rentrait le soir épuisé de sa journée..Il avait dû prendre un emploi qui ne correspondait pas du tout à celui qu'il faisait auparavant...Il avait exercé le métier de comptable dans une petite entreprise qui avait fait faillite...22 ans de travail derrière un bureau..là, pris à la gorge par les dettes qui s'était accumulées il avait pris un boulot sur un chantier...Il y faisait tout et n'importe quoi...maçon, électricien, posait du carrelage au besoin..ponçait les murs....on pouvait lire chaque soir sur son visage la fatigue, la douleur et le découragement...J'avais peur quand il rentrait...peur de ses yeux sans vie, de ses mains crevassées, de ses cheveux blanchis de plâtre...

Il passait sous la douche et reprenait un semblant de normalité...je pouvais alors m'approcher, lui caresser la main, lui montrer juste en le regardant que je comprenais sa détresse...Il souriait alors, parlait de choses et d'autres, donnant un coup de main à ma mère en cuisine...Nous passions à table, mon frère indifférent et moi qui babillait pour occuper l'espace... les repas étaient simples, chaque sou était dépensé avec parcimonie, et pourtant ma mère faisait des prouesses pour qu'on ne se rende compte de rien...

Lorsque je fus inscrite au collège et mon frère au lycée, nous avions vite compris que cette année il n'y aurait pas d'achats de fournitures scolaires...Nous allions devoir nous servir de ce que nous avions déjà...Pas de nouveaux sacs, la liste que mon frère avait du lycée ne permettait pas de folies...Il voulait un agenda à la mode, mais qui coûtait deux fois plus cher que ce qui était prévu...Il batailla ferme pour l'avoir , menaça de ne rien faire au lycée, menaça de sécher les cours si ma mère n'accédait pas à ses demandes....Elle dut, la mort dans l'âme céder à ses demandes...quand je vis ses yeux plein de larmes j'ai eu envie de le cogner ce frère indifférent...ce frère capricieux qui ne voyait rien des difficultés que nos parents traversaient...J'ai serré très fort sa main, et je lui ai dit que mon vieux sac  ferait très bien l'affaire...elle a souri et j'ai senti son soulagement...

J'ai donc fait ma rentrée au collège sans affaires neuves...ni fringues neuves..ni chaussures neuves...c'était pourtant le rituel avant ! je me souviens du plaisir qu'on ressentait à chaque rentrée scolaire ,  ma mère et moi, on dévalisait les magasins, rien n'était trop beau....mais ça, c'était avant....avant la perte d'emploi.....
Lorsque je suis arrivée dans la cour, je ne connaissais personne..Ma mère m'avait accompagnée jusqu'à la grille, et m'avait lâchée dans un endroit inconnu...Plein de rires, de cris, de jeunes ravis de se retrouver....et moi, j'étais seule...je me suis mise à l'écart, près d'un petit muret attendant que sonne l'heure de la rentrée..

Le collège avait  un fonctionnement complètement différent de l'école primaire...chaque heure, tu devais  te rendre dans une nouvelle classe, chaque heure tu devais  faire face à un nouveau prof ...et j'avais déjà l'angoisse au ventre à l'idée de me perdre dans ces multiples couloirs..

Premier cours avec la prof principale...Français, histoire , géo...On allait la voir assez souvent et dès son arrivée j'ai senti que ça n'allait pas être simple...grande , blonde, fermée, elle nous toisa d'entrée et nous interpella d'une voix froide...Assis ! Prenez une feuille de papier, inscrivez vos noms prénoms date de naissance, profession du père et de la mère....

Je m'étais installée au fond de la classe à une table restée libre et je sortis ma trousse et mes feuilles de copie...En levant la tête je vis toutes les autres élèves en faire autant....Je pense que j'ai été la seule à avoir une  vieille trousse, constellée de cœurs, de noms de mes chanteurs favoris,  constellée de taches d'encre...ma bonne vieille trousse quoi ! que je traînais depuis des années parce que je l'aimais bien, parce que mes copines l'avaient signée et qu'elle m'était précieuse....Malheureusement pas aux yeux des autres..

Nom, prénom, date de naissance...ça allait ! profession du père? je savais pas ce que mon père faisait..Il travaillait dans le bâtiment, mais est ce que c'était un métier? et ma mère ne travaillait pas...que devais je inscrire ? mère au foyer ?
Alors j'ai été au plus simple...J'ai mis comptable et secrétaire....c'était pas complètement un mensonge puisque c'était  ce que faisaient mes parents dans notre vie d'avant....

La première heure ne fut pas aussi catastrophique que je l'aurais cru...Pour pouvoir nous évaluer elle nous fit faire une dictée et une dissertation....La deuxième heure, c'était les corrections de ce que nous venions de faire...
J'étais assez bonne en français et ça m'avais  paru assez simple...Seulement, le niveau de la classe n'était pas très élevé, et lors de ces corrections les moqueries de la prof rendirent les élèves furieux...Elle lisait à voix haute les dissertations, soulignant les fautes, appuyant fort sur les points faibles, disant qu'elle allait avoir une année difficile avec des élèves aussi peu évolués...

Je me racrapotais dans mon coin, crevant de trouille dans l'attente du jugement..et quand ma feuille arriva entre ses mains j'ai compris immédiatement que j'allais payer au centuple le fait d'être bonne en français....
Elle lu sans commentaire ce que j'avais écrit....et puis, elle commença à me féliciter à dire à quel point j'étais brillante et que chacun devrait prendre exemple sur moi....qu'enfin, elle avait une élève digne des cours qu'elle allait nous prodiguer....

J'étais écarlate, je sentais les regards envieux des autres..j'entendis des réflexions mauvaises sur ma tenue, sur mon sac, ma trousse.....J'essayais de sourire, mais c'était plutôt une grimace que je faisais...
Lorsque les deux heures furent passées, il y eu un temps de pause, avant de rejoindre la nouvelle salle de classe...Je pris bien soin de sortir la dernière, pour ne pas avoir à subir les moqueries ...à peine arrivée dans la cour, j'ai compris que le primaire ne nous avait  pas appris à nous débrouiller au milieu des loups...car c'est l'impression que j'ai eu...J'étais le pauvre petit lapin effrayé par les phares, faisant face à une meute qui n'avait qu'une envie : m'écharper vivante...

Les brimades commencèrent dès le premier jour d'école....Au début ce furent des moqueries ...Je ne répondais pas, baissais la tête et m'approchais au plus près des adultes présents sur les lieux...Un jour, trois filles me coincèrent dans les toilettes, elles me cognèrent la tête sur le carrelage des murs, faisant voler mes affaires, les piétinant...Je récupérais gomme et crayons dans l'eau douteuse des WC...je ravalais mes larmes car j'avais remarqué que mes pleurs les excitaient encore plus......
J'ai dû apprendre à feinter, à ruser; à me réfugier dans les toilettes au moment de rentrer le soir....en sortit 20 minutes plus tard, à raser les murs sans me  faire remarquer ...

Je ne mangeais pas à la cantine le midi, Dieu merci ! j'y ai mangé une seule fois, et elles ont déversé du sel dans tous mes plats....renversé l'eau de leur verre sur la chaise où je m'asseyais...j'ai dû supplier ma mère de me faire un sandwich pour le midi...sandwich que je mangeais enfermée dans les toilettes , me faisant toute petite afin "qu'elles" ne me trouvent pas...

Un jour, après qu'elles aient découpé au cutter la capuche de mon manteau, j'ai pris mon courage à deux mains et je suis allée parler à un surveillant... Je lui ai expliqué ce que je subissais depuis la rentrée, et sa seule réponse fut un sourire goguenard ! apprend à grandir m'a t'il répondu ! ça forge le caractère ce genre de bêtises, ça apprend à vivre !

Je suis repartie la rage au ventre, bien plus en colère contre lui que contre mes tortionnaires...je ne pouvais pas en parler à la maison, ma mère avait assez de soucis comme ça...Elle s'inquiétait pourtant, chaque jour elle me demandait si tout se passait bien...Je la rassurais en riant....quand inviteras tu des copines à la maison me suggérait elle? je ne répondais pas, éludais le sujet....

Mes notes commençaient à s'en ressentir, en français je m'attirais les foudres de la prof qui me disait à quel point elle était déçue par mon minable travail...Je ne tenais pas à en rajouter, car  bien travailler était synonyme de raclée à la sortie..
Lorsque mon premier bulletin de notes arriva , j'ai su en voyant la tête catastrophée de ma mère qu'il allait falloir que je m'explique..mon père, était assis au bout de la table, un verre de vin à portée de main, l'œil pas clair...il commentait mes notes d'un air désespéré.. Mais que se passe t il ? pourquoi cette moyenne minable?  L'année dernière tu étais première dans toutes les matières, cette année tu nous fait honte !

Je pleurais doucement dans mon coin, ne sachant quoi dire... mon crétin de frère prit ma défense en les accusant froidement ! c'est de votre faute si ses notes sont minables, on vit dans un endroit minable, tu fais un boulot minable, on a perdu nos repères depuis le déménagement et vous vous en foutez de nous ! Il quitta la pièce en donnant un coup de pied dans une chaise et on resta là, à se regarder, hagards....

Je regagnais ma chambre, promettant de faire mieux...il allait falloir doser dorénavant ! se débrouiller pour avoir la moyenne sans se faire trop tabasser...
La sixième passa....la cinquième arriva ! j'avais grandi.... 10 cm de plus que l'année d'avant....Plusieurs de mes bourreaux avaient redoublé, j'en avais découvert  d'autres qui avaient essayé de me faire passer pour un punching ball. 
Je me laissais moins faire, je m'étais endurcie...D'autres nouvelles gamines étaient harcelées..Je me tenais loin des querelles et des coups...La vie m'avait donné quelques  bonnes leçons que je n'étais pas prête d'oublier...

Je n'avais pas essayé de me faire d' amis, j'étais un peu marginale et ne me reconnaissais dans aucun des groupes qui gravitaient autour de moi...


Il y avait une gamine, Marie,  qui était en sixième  et qui subissait les mêmes sévices que j'avais encaissé..Mais elle était bien plus combative que moi, et elle n'hésitait pas à répondre , à se plaindre à la direction...Elle avait 4 frères  un peu plus âgés et elle avait dû se battre pour se faire une place dans la famille..On sentait la hargne qui l'habitait..Je ne pouvais m'empêcher de l'admirer , elle était  tellement forte, bien plus que moi, elle rendait tous  les coups ,  et plus elle se battait,  plus elle attisait leur méchanceté ...ils étaient  4 redoublants , c'était les 4 qui m'avaient pourri la vie durant toute l'année...2 garçons , 2 filles issus des quartiers chauds de la ville..

dimanche 5 novembre 2017

"Il automne."..Barbara

Barbara chantait......quelques photos du jardin dans les Vosges qui a revêtu ses couleurs d'automne........



"Il automne, à pas furtifs, 
Il automne à pas feutrés, 
Il automne à pas craquants 
Sous un ciel pourpre et doré. 
Sur les jardins dénudés 
Se reflètent. en transparence 
Les brumes d'automne rouillées, 
Rouillées 
Dans la forêt de tes cheveux 
Aux senteurs de poivres mêlés 
Et sur nos nuits de mi-novembre, 
Il automne miraculeux, 
Il automne miraculeux. "



Le gincko Biloba, l'arbre aux mille écus....
plus bas , en rouge le Liquidambar.....il a eu du mal de pousser mais il commence à prendre de l'ampleur....




La rosée du matin.....
  Les toiles d'araignées font un voile de mariée dans les buis...




Allez ! partons en voyage, le rose au coeur, vers l'hiver......




vendredi 20 octobre 2017

#Metoo

En ce moment sur les réseaux sociaux, y'a un truc qui circule et qui s'appelle :
#Metoo

Chaque personne qui a été harcelée moralement ou sexuellement doit simplement mettre ce sigle en statut.....
#Metoo....harcelée sexuellement ...j'ai donné !
#Metoo.....harcelée moralement ...j'ai failli y laisser ma peau !

Ce matin, un article sur une jeune femme écrivaine qui a été harcelée par un ancien ministre de Miterrand, lors d'une représentation à l'Opéra Bastille...

Voici ses mots : "
"Un vieux monsieur [il avait 75 ans, selon "l'Express", NDLR] à l'air éminemment respectable s'assoit donc à ma droite. Son épouse est à sa droite à lui. J'insiste. Son épouse est là. La représentation commence. Et au bout de dix minutes, le vieux monsieur a sa main sur ma cuisse. Je me dis qu'il doit être très âgé, perturbé. Je le repousse gentiment. Il recommence. Rebelote. Une troisième fois", affirme-t-elle.
Il commence à remonter ma jupe. Il glisse sa main à l'intérieur de ma cuisse, remonte vers mon entrejambe. J'enlève sa main plus fermement et je pousse un cri d'indignation étouffé, bouche fermée. Tout le monde me regarde. Il arrête. Dix minutes plus tard, il recommence. Je lui plante mes ongles dans la main. C'est un combat silencieux, grotesque, en plein Opéra Bastille" poursuit-elle.

Cet article m'a fait m'interroger sur "ce combat silencieux".....Pourquoi, ne pas s'être levée et pourquoi ne pas avoir hurlé ?  Je pense que l'on doit être plusieurs à se poser cette  question !et les commentaires qui accompagnent l'article se demandent la même chose....

Pourquoi est on coincée à ce point ? pourquoi ne pas faire un scandale chaque fois que ça arrive ? 
eh bien j'en sais rien.....Si je parle pour moi, mon premier harceleur était mon oncle, le frère chéri de ma mère.....J'en ai déjà parlé dans ce blog, mais je ne m'étais jamais posée cette question...Pourquoi n'ai je pas crié, hurlé quand il me forçait? Pourquoi ? 
J'avais 12 ans, je savais que ce qu'il faisait était mal, mais je restais tétanisée, silencieuse combattante de 12 ans,  pour ne pas que ma mère entende...pour ne pas que mon père le tue pour avoir oser porter la main sur moi.....Je le repoussais, m'arc-boutait au maximum pour que son corps adipeux ne touche pas le mien....et je m'isolais dans ma tête...Ne plus rien voir, ne plus sentir ses mains sur moi ...Après le combat je filais hoquetante de pleurs, de peur....J'ai essayé d'en parler à ma mère....Elle n'a pas voulu y croire....

Il est resté 1 mois à la maison avec sa femme et ses deux enfants ...un mois d'été où je n'ai pas pu profiter de ma vie de petite fille...un mois sale, un mois où j'ai appris à dissimuler, à faire semblant, à rester scotchée à ma mère ou à mon père ...un mois de lutte, et la dernière semaine , après qu'il ait réussi à me coincer dans la cave, je suis tombée malade...Je suis remontée de cette cave les jambes couvertes de puces qui venaient des petits chats qui squattaient l'endroit...et  je suis devenue hystérique,je criais  tellement fort que la fièvre s'est abattue sur moi...je délirais de peur...Je crois que mon père a compris...Il m'a veillée toute la nuit, me mettant des compresses d'eau fraîche sur le front , me racontant des histoires....à un moment , l'oncle est venu prendre de mes nouvelles...et je me suis mise à hurler...Mon père l'a fait sortir....Le lendemain, ils sont repartis ....

Et quant à l'autre harceleur, je l'ai subis des années ! même si, en grandissant ça n'a pas été aussi facile pour lui....J'en ai parlé; à ma famille, à ma soeur puisque c'était son mari....Aucune réaction ...Ben oui, disait elle, si tu savais ce qu'il me fait subir à moi......
Il fallait presque que je m'estime heureuse de ne pas être battue  en plus par cette ordure....

Dieu merci...Ils sont morts tous les deux ....Ils ont ancré en moi un type d'homme à fuir...C'est à ça qu'ils ont servi, et finalement c'est presque positif ! 

Et puis j'ai fait la connaissance avec le harcèlement au boulot ....une jeune femme que je considérais comme une amie, m'a fait plonger dans la  dépression  ...Là encore, je n'ai rien dit...ni à mes supérieurs, ni à elle...Je me suis laissée briser chaque jour...Le directeur de la structure, lui, s'en est rendu compte...Il l'a convoquée pour lui dire son fait...Elle est venue me voir, désolée, me disant que c'est parce qu'elle m'aimait qu'elle était exigeante avec moi...exigeante puissance 100....Une exigence impossible à réaliser....et c'est tout juste si ce n'est pas moi qui me suis excusée de ne pas être ce qu'elle voulait que je sois.....

Dieu merci, je me suis tirée...J'ai démissionné en accord avec la direction, d'un boulot que j'adorais....10 ans après, je m'entends encore parler d'elle avec indulgence !!  un comble non?


Alors, ce p'tit truc sur les réseaux sociaux , s'il permet aux personnes de dire, de raconter ce qu'elles ont  vécu, je trouve que c'est bien ...c'est libérateur car la parole sauve.....


lundi 16 octobre 2017

Les vacances son finies.......😩😭

Il est rentré...et déjà la maison est en complète révolution.....
Comment un seul mec peut foutre autant de bordel en si peu de temps, je dois dire que ça me laisse pantoise !!

Durant ces deux semaines, la maison a soufflé....elle a vécu au ralenti...Rien ne traînait, tout était propre ...Petit déjeuner le matin, sitôt mangé, petite vaisselle lavée...un p'tit coup de balai partout , la maison aérée....c'est net, ça donne de la douceur dans ma tête... C'est bête, mais en prenant de l'âge, j'ai besoin d'ordre autour de moi...
Et la journée s'écoulait, sans heurt, au rythme des repas à préparer, des bricoles à coudre, des lessives séchées au soleil....rentrées le soir, pliées, rangées...La sensation du devoir accompli, la paix intérieure.....



Il est rentré à 20h...et il est reparti dans les Vosges ce matin vers 9h....on dirait qu'un ouragan est passé  par la maison...En quelques heures il a réussit à foutre le souk partout...Valise éventrée, tas de linge partout, cuisine en folie...Le sol, on dirait qu'un troupeau d'éléphants a stationné dans la maison..Pourtant dehors, grand soleil, pas de boue...eh bien il a trouvé le moyen de salir le sol avec "je ne sais quoi"? je retrouve des bouts de terre partout dans le couloir, le salon...à croire qui a battu ses godasses de marche l'une contre l'autre pour éliminer la boue qui restait sur ses semelles ...

Je suis descendue ...et puis je suis remontée me réfugier dans ma chambre....Juste pour éliminer la colère....

ça me fait penser aux chats qui pissent partout pour marquer leur territoire !! lol

ça y est ! les vacances sont finies !! zennnnnnnn !! 








vendredi 6 octobre 2017

Ex-mari.........

Depuis 3 ou 4 jours, mon ex-mari est pendu au téléphone....il a plein de légumes à donner, et voudrait bien que je vienne en chercher....

Moi, 120 kms aller retour, c'est pas trop ma tasse de thé....peur des douleurs, ça fait très longtemps que je ne conduis plus sur une longue distance,  la position assise étant très désagréable...quand je suis passagère, ça va, j'arrive à tenir en équilibre sur une fesse , mais je ne ferais quand même  pas  500 kms, c'est sûr.....

Il sait que je ne supporte plus la position assise, mais il insiste, car il veut m'inviter au restaurant pour fêter son anniversaire.....

J'élude, dis oui, peut-être....le jour où j'ai pas mal, je viens.....et il appelle chaque matin, pour savoir comment je vais.....

ça m'intrigue ces coups de fils, en temps normal on se fait coucou tous les quinze jours, je demande des nouvelles de  sa chimio , ça fait quand même 6 ans qu'il a un cancer de la plèvre dû à l'amiante et pour l'instant si ça ne va pas plus mal, ça ne s'arrange pas non plus.....Il à fait une chimio 1 fois par mois les 5 premières années...et là, depuis 6 mois c'est tous les mardi qu'il se rend à Epinal pour être perfusé toute la matinée....

Donc, hier, le soleil aidant, la douleur absente, je me dis, c'est le moment d'y aller.....
Que dire ? L'autoroute avec des dizaines de camions roulant comme des fous, moi, crispée sur mon volant essayant d'être attentive à tout, devant, derrière, sur le côté....je suis tendue à mort et je m'en veux déjà de lui avoir téléphoné pour lui dire que je venais......

Je quitte l'autoroute à Lunéville, et je suis agréablement surprise de trouver une route peu encombrée, de traverser plein de petits villages, de ne pas me sentir poussée au cul par des voitures et des camions pressés d'arriver au plus vite...

11 h 45.....me voici arrivée dans mon ancienne maison.....ex mari est là, il s'est fait beau pour l'occasion, et il est tout content de me voir....La maison a l'air abandonnée, elle ne vit pas, elle est  comme figée dans le temps....
Dans une pièce qui avant était un salon, d'immenses vitrines remplies de DVD, CD.......
Il achète tous les vieux films, des centaines de boîtiers rangés par genre ...Tu sais que tu pourrais tout voir sur internet je lui dis?  oui, mais c'est pas pareil ! et puis, faut bien que je dépense mes sous...que je me fasse plaisir !

En moi même, je me disais, ça serait bien que tu dépenses tes sous pour embaucher une femme de ménage une fois par semaine , car tout sent le négligé.....mais bon ! il s'en fout, c'est pas important! et puis, elle dérangerait ses piles de papiers....et ça le déstabiliserait !

Je suis partie il y a 30 ans, les tapisseries sont les mêmes, rien n'a bougé..c'est presque angoissant pour moi ! Il y a des seaux d'eau partout...dans le couloir, dans les toilettes....Il récupère l'eau dans d'énormes citernes à l'extérieur et ne se sert pratiquement plus de l'eau du robinet.....
Dans les toilettes, il faut soulever un  énorme seau dès le plus petit pipi....impossible pour moi ! il y lave ses légumes, la fait chauffer pour sa p'tite vaisselle... comme il fait très peu à manger   le lave vaisselle lui sert de placard à rangement.....et sur sa cuisinière des dizaines de pots de confitures encombrent la place....
Ce qui m'a marqué le plus je crois , c'est l'amoncellement de papiers....Il y en a partout ! la table de la cuisine, de la salle à manger croulent sous les feuilles de papier....
dans le couloir des piles monstrueuses de journaux, des sacs poubelles transparents avec des bouteilles en plastique sont stockés dans un coin.... 
Intriguée, je lui pose la question...pourquoi tous ces sacs ? 
ben, quand je vais chez Sandrine en Alsace, je lui ramène mes sacs elle les amène à Cora qui lui donne 5 cts par bouteille plastique.....

ahhhhhhh.....je défaille ! 
et puis, tu sais ils pèsent les poubelles maintenant, alors je fais attention....
Dans toute la maison il y a des "espèces" de collections de trucs....Il mange énormément de sorbets....sur les étagères du sous sol des dizaines et des dizaines de boites vides de glace sont rangées bien consciencieusement.....je suis sure que si j'ouvrais les tiroirs, je trouverais des centaines d'élastiques, bouts de ficelles ou autres babioles.....

Lorsque je vivais avec lui, il ne jetait rien, mais là, c'est devenu de l'accumulation compulsive !! 
Il m'amène dans son bistrot habituel où on a très bien mangé....comme il est situé juste en face du cimetière ça m'a permis de faire un p'tit coucou à la tombe de mes parents et de me balader dans les allées ...le soleil était chaud, j'y ai passé un très bon moment !!

Ensuite, et c'est là où j'ai pas compris, ex mari m'a fait visiter la ville ! ville où je suis née, et où j'ai vécu durant 40 années ! 1 h de balade, j'ai revu tous les endroits où nous avions des souvenirs...comme s'il avait besoin de revenir sur les pas du passé....Bien des choses ont changées, d'autres sont toujours là....Plein de nostalgie pour lui, un peu de malaise  pour moi....

Les "tu te souviens", et là, tu te rappelles......je disais oui, oui.....et il me citait les noms des gens qui habitaient dans ces maisons perdues dans des chemins que je ne me souvenais pas avoir pratiqué.....
à peine arrivé à la maison, le voilà qui se souvient qu'il ne m'a pas montré l'endroit où on a vécu après notre mariage .....le bâtiment  n'existe plus, il a été abattu pour y construire plus moderne...et nous voilà reparti vers ce bâtiment disparu...Encore l'occasion d'évoquer tous les anciens  voisins, la corde à linge qui n'existe plus...L'endroit où on rangeait la poussette.....

Retour à la maison.....je rentre sur Nancy, la voiture pleine de légumes, de fruits...Tu promets de revenir me dit il ? Bien sûr ...On a passé une bonne journée hein ?? Oui, on a passé une bonne journée !

 Je suis contente d'être venue finalement....je suis rentrée sous des trombes d'eau...la tête remplie d'un tas de trucs pas marrants....Pourquoi ce besoin de me montrer  tout ce qui a fait partie de notre vie ? Il ne va pas mourir quand même ? C'est ce sentiment de peur qui m'a empêchée de dormir paisiblement.....

mercredi 4 octobre 2017

Compostelle !!!

L'homme est parti hier sur les chemins de Compostelle.....

Voyage en train jusqu'à Lyon et ensuite l'organisation du voyage il n'a plus à s'en occuper.....
l'homme est un grand marcheur, et chaque jour, il lui faut ses 15 kms dans les pattes pour être heureux....Compostelle c'était le challenge, c'était marcher des journées entières sans se soucier de l'intendance.......

Hier, 8 coups de téléphone.....je suis arrivé.....je ne suis pas trop angoissé !!
super ! 
1 h après, un coup de fil pour me dire qu'il venait de manger......
1 h plus tard, il venait de déposer ses bagages à l'hôtel...........
Ensuite; je le retrouve sur le chemin du musée trucmuche........
2 h après, il est au bord de l'eau, il fait beau, il vient de faire une petite sieste au soleil.....
2 h après, angoissé, il m'appelle car il ne trouve pas le restaurant dans lequel tous les marcheurs doivent se retrouver.....
je tente de le rassurer, lui dis de regarder s'il n'a pas un numéro de contact à appeler au cas où.....
Miracle ! l'organisateur vient de l'appeler et le guide au téléphone.....
Dernier coup de fil après le repas, pour  me dire qu'il regagne sa chambre........

Ce matin, c'était le grand départ....bus qui les prend en charge avec les bagages....
13 h....coup de fil affolé.....je suis en pleine angoisse ! figure toi qu'on ne marchera qu' une heure ou une heure et demie par jour......pas plus!
Comment ça ? vous n'êtes pas sensés marcher la journée et vous retrouver aux étapes ?
Non....Il parait que c'était marqué dans le contrat qu'on ne marcherait pas plus! le reste du temps on visite des endroits qui se trouvent sur le chemin..... Je ne pense pas que je vais rester......moi, j'y allais pour marcher, pas pour visiter.....Si j'avais su, je n'aurais jamais pris ce voyage !

Je sens qu'il n'est pas loin de la crise.....Tu n'avais pas lu le contrat ??? 
ben non.....Dans ma tête faire les chemins de Compostelle c'est marcher....et non pas visiter....
Pas de chance, tu vas devoir t'adapter....oui, mais je connais personne, et 1 h 1/2 de marche c'est pas suffisant pour me dés angoisser, c'est rien pour moi !!

eh bien, tu sortiras le soir quand tout le monde sera couché....j'ai pas d'autres solutions pour toi ! et puis, tu vas visiter de beaux endroits, arrête de geindre, fais des photos ça t'occupera ! 

Je sens que ça va être long......je sens que le téléphone va sonner souvent.......ma patience va être mise à rude épreuve !! 


lundi 18 septembre 2017

Prénom ? Assisté !!

ça fait longtemps que je n'ai pas plaisanté sur certaines incapacités de l'homme...je ne résiste pas à vous en faire part.....


La semaine dernière l'homme me dit :" euh....tu pourrais regarder pour  imprimer un de mes mails ??? ça fait au moins 3284 fois que je lui explique comment faire avec démonstration à l'appui......mais non ! ça rentre pas.....et je continue à m'user la voix pour lui faire comprendre comment ça marche !!

C'est comme lorsqu'il écrit sur Word......je fais comment pour pas perdre ce que j'écris??? là, on est dans la 5478 ème explication!! Sauvegarder, enregistrer un fichier, c'est du chinois......
Je ne vous parle même pas de la pièce jointe à un mail !! il a compris comment l'ouvrir mais pour en envoyer une, c'est surhumain !!

Pour consulter ses comptes sur internet, il a une un petit engin qui ressemble à une calculette, dans lequel il introduit sa carte afin de me donner un code, car lui ne sait pas trouver le site de sa banque pour le faire......Pour avoir le code, il faut presser sur une icône "clé".....ça fait 2742 fois qu'il le fait et à chaque fois il me dit : "je presse sur quoi ??? " 
impatiente, je râle; "mais sur la clé bon sang !" ah oui ! je ne me souvenais plus !

Il rentre des Vosges avec une lettre froissée....je suis sure que son premier réflexe a été de jeter la lettre puisqu'elle était adressée au nom de sa mère décédée.....et puis, il a dû se raviser...Il me l'a donnée en me disant: "c'est quoi? j'y comprends rien ! " C'était simplement un compte ouvert chez AXA par sa mère et qui disait que si on ne se manifestait pas ça allait droit au dépôt caisse et consignation....!

C'était pas une grosse somme, mais quand même ! 1380 euros à se partager avec sa sœur ça fait du bien quand même !!.J'ai dû m'occuper des dizaines de papiers à fournir, c'était bien trop compliqué pour lui ! et je reste persuadée que c'est pas le premier courrier qu'ils envoient !! lol

Avant hier soir, vers 22 h , alors que je commençais à m'endormir, j'entends couler l'eau de la douche....longtemps....longtemps......Il passe la tête dans l’entrebâillement de ma porte et dit :  " euh...y'a plus d'eau chaude.....
moi (à moitié endormie..) : oui, et alors....
Ben je fais quoi ???
Moi: descends au sous sol...éteins la chaudière, attends quelques secondes et rallume là....
Lui: ahhhhhh....mais il est où le bouton ???
Moi (me levant furax...) ça ne fait que 2856 fois que je te montre.....tu viens avec moi....il me suit à poil, et me regarde manœuvrer.....c'est d'une simplicité enfantine  dit il !! (tais toi sinon je te tape !)
et qui sait qui met 3 heures à se rendormir ??? c'est bibi.....

Tout à l'heure......Le lave vaisselle est plein d'eau...je fais quoi ? 
Tu sors tous les filtres tu les nettoies et tu remets la machine en route....
euhhhhh......tu voudrais pas venir voir?

Non ! Le problème c'est que tu n'essaies pas! donc je ne bouge pas......
3 heures après.....t'as réussis à vider l'eau du  lave vaisselle ?? 
Non, mais j'ai un copain qui arrive, il va le faire.......
Le copain arrive, rince les filtres.....et l'homme me dit : il fait quoi après ???
Ben, il met le programme en route vers la fin et ça va se vider tout seul....
La dernière fois que c'est arrivé j'avais  mis du Destop me dit il ...J'ai failli m'étrangler !!

Je me dis que si je meurs demain, ça va être compliqué pour lui....Ou alors il faudra qu'il prenne des colocataires ! lol





samedi 2 septembre 2017

Je me souviens.....


JE ME SOUVIENS au réveil des vitres étoilées, givrées, les petits matins frisquets où il fallait s'habiller vite...vite.......Mon nez sur la vitre, la buée qui sortait de ma bouche laissait des trous clairs sur la vitre gelée....et ma mère qui raclait les cendres de la cuisinière afin que le feu reparte..on arrivait à la cuisine après une toilette de chat et on buvait notre café au lait pendant que ma mère tressait mes cheveux...


JE ME SOUVIENS des grandes tablées que mon père organisait les soirs d'hiver...Il invitait tous les voisins, Il faisait griller des châtaignes, on jouait au loto, il nous  faisait des tours de magie....chacun amenait le peu qu'il avait et on partageait tout dans la joie...Il avait passé toute la journée à confectionner des pâtes de toutes sortes, raviolis, gnocchis... sauce tomate maison ...Tout le monde se régalait et j'aurais voulu fixer ce moment pour l'éternité....

JE ME SOUVIENS des petits pois que j'allais manger en cachette dans le jardin des voisins...des fraises juteuses, un peu terreuses mais tellement bonnes car dérobées.....des tickets de foire qu'on allait parfois rouler chez la voisine, de la  pièce de 5 centimes qu'elle nous donnait pour qu'on aille acheter à l'épicier qui passait  chaque semaine avec sa camionnette, deux bonbons acidulés...un vert et un rouge pour moi....deux centimes le bonbon...je gardais précieusement le centime qui restait pour la semaine d'après....Avec ma copine , qui prenait des couleurs différentes, on échangeait nos bonbons...quand il était presque fini, je lui donnais la fin de mon rouge...elle, la fin de son jaune....Dans notre bouche toutes les saveurs se mélangeaient...c'était magique !

JE ME SOUVIENS des rue de Naples, du linge qui claquait au vent, des gens qui s'interpellaient en riant, des couleurs, des odeurs ...L'impression d'appartenir à cette terre qui n'était pourtant pas la mienne......De mes amis aujourd'hui disparus, qui me guidaient dans les ruelles les moins touristiques, des petits restos où on prenait chacun une assiette de pâtes différentes...et je goûtais les spaghettis bolognaises de Mimo, les pennes à la Napolitaine de Jean Loup, les pâtes au pesto , aux fruits de mer....le tout parsemé  de parmesan parfumé ....

JE ME SOUVIENS de mon premier livre, ou plutôt de cet éblouissement que j'ai eu lorsque je me suis rendue compte que je savais lire....J'ai compris que je n'allais plus  jamais  m'ennuyer, plus jamais  être triste...que j'allais pouvoir me réfugier dans des histoires qui auraient le pouvoir de gommer la réalité...

JE ME SOUVIENS du jour où ma petite sœur est décédée....j'étais dans la chambre, j'avais 3 ans et deux bonnes sœurs venaient l'emballer dans un grand drap blanc.....Ma mère pleurait, mon père était en colère et je ne comprenais pas ce qui se passait...

JE ME SOUVIENS du premier cri poussé par la dernière de mes sœurs...Maman accouchait à la maison; j'avais 7 ans et les cris poussés par ma mère me terrorisaient.....j'étais sortie de ma chambre et j'écoutais à la porte...quand tout à coup des pleurs de bébé on retentis  à mes oreilles...J'ai ouvert la porte et j'ai vu la sage femme....Elle  venait de sortir un magnifique bébé  du ventre de ma mère....C'est là que j'ai compris que les bébés n'étaient pas déposés  par les cigognes

JE ME SOUVIENS des rendez vous furtifs avec des garçons alors que j'avais  12 ans, les  premiers baisers...les premiers émois...j'étais amoureuse d'un garçon qui ne me voyait pas...Un jour, pour Noël j'ai eu une paire de collants rouges...Je suis partie à l'école le cœur en fête, et il m'a vue, (moi ou mes collants ??) ....il m'a donné rendez vous après l'école, et m'a embrassée...Mon cœur explosait de joie, et mon père est apparu....J'ai eu droit à sa colère, une claque devant mon petit ami qui n'a jamais plus fait attention à moi par la suite....Mon premier chagrin d'amour...

JE ME SOUVIENS de mon premier bal à 16 ans....j'avais une robe faite par ma mère, des souliers prêtés par une de mes sœurs, des collants rafistolés car ils étaient filés et qu'on n'avait pas les moyens d'en acheter d'autres...de mes cheveux crêpés et qu'on faisait tenir avec de l'eau sucrée et une goutte de parfum ....

JE ME SOUVIENS d'avoir dansé jusqu'à plus soif...D'être passée d'un cavalier à un autre, d'avoir presque provoqué une bagarre....de m'être sentie belle et désirée....

JE ME SOUVIENS de tous ces gens qui ont été là pour m'aider, qui m'ont proposé leur épaule pour pleurer, qui m'ont donné confiance en moi, qui m'ont donné  la force et l'envie  d'exister....


Tous ces souvenirs sont de l'or en barre...et je les garde en moi précieusement...

dimanche 6 août 2017

écriture......

Cette fois ci, pas d'histoire...tirage de lettres, anagrammes et utilisation de tous les mots trouvés.....



ESTLIOGNERA

églantiers  aigrelet éloigne   nostalgie organise  sanglote   entre gît son sang orage reine seringat
étoile  graines  grisante ingrate  réalité réaliste relations  sanglote  aérien   alignés  argenté  gloire liseron agile agonise étang  genets gilet gitans sentier stérile église étire  ronge soigne loin êtres noirs  saigne  songe terne  rats geste  ternies gelé éloigne range


L'ingrate sanglote sous les églantiers ....


Son gilet argenté  gît entre  les genêts et le seringat ..



Le liseron agile  s'organise, s'étire  et d'un geste aérien étoile le sol de ses graines ....


L'étang agonise , terne réalité   à la gloire de la reine des gitans qui saigne et s'éloigne  sur le sentier entre des rats noirs alignés...




Un son aigrelet sort des rigoles  stériles..... Songe  réaliste qui ronge les relations ternies des êtres  au sang gelé .... Nostalgie d'une église qui soigne, l'orage s'éloigne  au loin...

vendredi 4 août 2017

Les jaunottes........

Encore un petit défi d'écriture......

ULSATIONEPS

  pulsations  épousait  opaline pétunia  plainte pistou tisane lapin  lutins  plats pluie  tué  auto lait lune loup noëls seul oeil usé

ça faisait une heure qu'il arpentait  seul la forêt ..il allait d'un pas lent, les yeux rivés au sol, à la recherche des champignons qui avaient dû pousser à foison  ces derniers jours ..
De la pluie, du soleil....encore de la pluie et aujourd'hui la chaleur moite le faisait transpirer un peu...clac....un moustique de tué....Il avait son vieux panier bien en main, son couteau usé , sa boussole qu'il gardait précieusement enfermée dans son grand mouchoir à carreaux.....il était tôt lorsqu'il était parti  au petit matin ...

Il avait ses coins à champignons, mais aujourd'hui, il avait décidé d'explorer d'autres endroits.. Il avait prévenu sa femme qu'il partait pour toute la journée, et elle lui avait préparé de quoi se nourrir copieusement...à chaque fois, il râlait, il n'avait pas besoin d'autant de nourriture, mais elle souriait et remplissait son sac à dos de petits plats inédits...

Ne regarde pas ce que je prépare lui disait elle en riant! je veux que tu aies la surprise ! et c'est vrai qu'il se réjouissait toujours du moment où il s'installerait pour déjeuner....Elle était fine cuisinière et depuis leur mariage il avait un peu forci.....elle riait en lui disant: "c'est des kilos d'amour que tu as pris...et  je les aime moi, ces kilos là !"

Il eut une pensée émue pour toutes ces merveilleuses années qu'elle lui avait donné...C'était pourtant pas simple et au départ, les familles n'avaient pas donné cher de leur couple...Mais eux, ils s'aimaient  tellement qu'ils n'avaient écouté personne....

Il écrivait à l'époque, mais aucun de ses romans n'avaient été publiés....Il vivait de petits boulots ; se nourrissant de café au lait et de tartines de fromage plus souvent qu'à son tour...Il avait rencontré Hélène dans le petit parc qui jouxtait la maison où il louait une chambre...sa blondeur, ses yeux bleus et  sa peau d'opaline avaient fait monter très haut  ses pulsations ...il était essoufflé comme s'il venait de courir  un cent mètres ...Elle aussi le fixait bizarrement ..Il s'était assis près d'elle et était resté muet..lui, le maître des mots ne savait pas quoi dire...C'est elle qui avait pris l'initiative, qui s'était inquiétée de sa pâleur et de son souffle court....

C'était  comme si elle  avait ouvert des digues... Les mots se bousculaient, il commençait une phrase, elle l'a terminait....Il parlèrent durant des heures, s'étonnant de leur similarité, s'étonnant de leurs idées communes, de leurs envies de leurs désirs....Le soir était tombé sur eux, la lune haut dans le ciel fut  la complice de leur amour naissant...
Très vite ils firent des projets...et comme un bonheur n'arrive jamais seul, un de ses romans fut publié et il obtint un beau succès de librairie....Leur mariage rapide surprit tout le monde et leur projet de vie encore plus.....

Il avait hérité il y avait quelques années d'une vieille maison dans les bois....Son grand père l'avait monté pierre après  pierre...elle n'était pas grande, mais chaleureuse...Une pièce à vivre avec un coin  cuisine et  une immense cheminée, une chambre, un bureau  une douche et des WC ...Son grand père était entrepreneur, et il avait besoin de moments de répit à l'écart de la ville et de ses aléas.. sa grand mère  n'y avait jamais mis les pieds dans cette maison au fond des bois...pas de route, des sentiers pour la plupart inconnus du public...Son grand père l'avait emmené une fois avec lui et ce souvenir lui mettait encore la larme à l'œil...c'est à lui qu'il légua cette merveille .....

C'est là qu'ils allaient vivre...Hélène quitta sans regret son boulot de prof pour s'installer avec lui...Elle en fit un nid douillet sans mièvrerie, un lieu où il se sentait bien...Ses livres se vendaient bien, ils vivaient de peu avec beaucoup d'amour.....
Chaque année , à la même date il l'épousait de nouveau...Rien qu'eux deux, dans cette forêt magique ils renouvelaient leur vœux....C'était toujours aussi intense, toujours aussi fort...

Il avait fallu un certain temps pour s'adapter, on ne quitte pas le confort de la ville comme ça! Pas d'électricité...longtemps ils avaient cherché le bouton près de la porte pour que la lumière jaillisse !! en contrebas de la maison, un ruisseau courait , ce qui leur permis d'avoir de l'eau à proximité  , et son grand père avait  même fait creuser un puits ..L'eau était  potable, et en été Hélène installait  un système de seau sur une potence..L'eau chauffait au soleil, et lorsqu'il rentrait de ses balades il se payait le luxe de prendre sa douche dehors...

Au fil des années, il a entouré la petite maison d'une terrasse et Hélène y faisait  pousser des pétunias dans des vieux pots qu'elle confectionnait...du grillage, de la mousse des bois de la terre et tout pousse...les fleurs, les herbes aromatiques, le basilic avec lequel elle faisait un pistou incroyable , les tomates... une vraie magicienne...
il tomba sur un rond de jaunottes.....les champignons préférés d'Hélène...il rempli rapidement son panier, se réjouissant de l'aubaine, encore un nouveau coin à champignons à garder précieusement dans sa tête !

Il s'assit sur une souche et sorti son thermos de tisane....Un mélange d'herbes, de feuilles qu'Hélène composait avec amour....
Une miche de pain, un petit bocal d'une terrine de lapin que sa femme lui avait mitonnée lui fit briller les yeux  ...il termina rapidement son repas, pressé à présent de retrouver Hélène et de lire le plaisir dans ses yeux au vu de sa cueillette....il émietta le reste de son pain pour les lutins qui habitaient la forêt...

Il s'enfonça plus profondément dans les bois, se fiant aux rayons du soleil ...c'est en claquant sur le moustique qui dévorait son cou, qu'il trébucha....Sa tête cogna sur une pierre et il perdit connaissance...c'est le bruit d'une plainte qui le fit revenir à lui.....cette plainte, c'était lui qui l'émettait, mais sur le coup il crut que quelqu'un pleurait près de lui.....il porta la main à sa tête, du sang coulait ...impossible de se redresser, sa vue lui faisait défaut....
La nuit est elle tombée ? mais non, impossible..je sens encore de la tiédeur sur ma peau...Les idées les plus absurdes bouillonnaient dans sa tête blessée...et mes champignons...où sont ils?  Mon Dieu, et Hélène qui va m'attendre....Il vit défiler sa vie, se lova dans ses souvenirs et perdit à nouveau connaissance....

Lorsqu'il ouvrit les yeux, le froid était tombé..les bruits de la forêt avaient changé..Il se rappela les histoires de loups que son frère lui racontait lorsqu'ils étaient petits....des Noëls de son enfance......

Dans la petite maison, Hélène s'inquiétait.....21 h ...et son amour n'était toujours pas là...la nuit était là, fraîche pour la saison....et ce matin, il lui avait dit qu'il changeait de coin, qu'il voulait explorer plus loin dans la forêt....il a sa boussole, mais jamais il n'est rentré si tard...Elle fait quelque pas dehors avec sa lampe à huile haut levée comme si la lumière pouvait le ramener vers elle.....

Ils n'ont pas de téléphone, et leur voiture est stationnée à 4 kms ....ils la laissent à l'entrée du bois, dans un garage prévu pour elle car les chemins sont impraticables jusqu'à la maison...
Pour la première fois, elle peste de ne pas avoir de moyens de communication....22 h...là, ce n'est plus possible, il lui est arrivé quelque chose...Elle le sent dans sa chair, elle sent le froid qui monte en elle..... il faut  vite qu'elle aille chercher des secours avec  la voiture ....

Elle rentre, s'habille chaudement, met ses bottes et avec sa lampe elle parcourt le chemin qui mène à la voiture .....Tout tourne dans sa tête, et s'il était rentré pendant que je le cherche ? et s'il s'affole en ne me voyant pas....Elle n'a pas le choix, elle continue vaillamment sans se poser plus de questions....23h15....l'auto est là...Rapidement elle démarre et 1/2 heure plus tard elle explique à des agents à moitié endormis que son mari n'est pas rentré, qu'il lui est sans doute arrivé quelque chose...qu'il faut l'aider....

Mais eux, n'ont pas l'intention de bouger...Déjà qu'ils sont en effectif réduit, et puis, c'est la nuit...On commencera les recherches demain matin la rassurent ils !

Elle s'assied sur un banc dans le couloir et pleure doucement.....Elle sait qu'elle a perdu son amour....elle le sent, dans sa peau, dans chaque fibre de son corps, elle sent que  la vie  se retire de lui....Elle passera la nuit au commissariat...Les hommes de garde essaieront de la rassurer , mais elle ne lutte plus...Au matin, les hommes la suivent jusqu'à sa petite maison...Ils ont avec eux des chiens à qui ils ont fait sentir la vieille veste accrochée dans l'entrée....

Lorsqu'ils reviennent dans la matinée, les visages sont graves...Ils l'ont trouvé mort, la tête appuyée sur une pierre et des champignons répandus tout autour de lui.....
Après, elle ne sait plus......Tout s'est enchaîné , l'enterrement, la famille, les amis...Les cendres qu'elle voulait garder pour elle...
Elle a regagné sa petite maison ...Elle ne sait plus vivre, elle n'a jamais appris à faire les choses pour elle ...Ils n'ont pas eu d'enfants, ce n'est pas qu'ils n'en voulaient pas...ça ne s'est pas fait tout simplement ...Elle a 76 ans, et plus goût à la vie....Alors elle s'est couchée et a attendu...et un soir, il est venu, avec son grand sourire, ses yeux brillants d'amour et lui a tendu les mains.....Elle les a serré très fort ces grandes mains , et elle l'a suivi le cœur en joie... Pour l'épouser à nouveau sous la tonnelle fleurie....
C'est un cueilleur de champignons qui l'a trouvée dehors, couchée sur la mousse, endormie pour toujours....Partie rejoindre son bel amour...