lundi 29 mai 2017

toi la fille.....

J'ai eu trois garçons et ce fut une grande satisfaction pour moi...je sortais d'une fratrie de 5 filles sans aucun mâle  pour faire un peu de boxon au milieu de tous ces phéromones femelles.....Je disais à ma mère, si un jour j'ai des enfants, je ne  veux que des garçons ! eh vlan ! le ciel m'a exaucée !

et à présent que je prends de l'âge, je me rends compte à quel point une fille me manque...tous ces p'tits trucs qu'on partage entre mère et fille me sont inconnus...

Je regarde autour de moi et je vois à quel point la relation peut être forte, remplie...d'éclats parfois, mais aussi de rires; de souvenirs partagés, les premières couettes, les tresses, la trousse de maquillage qu'on prête pour un p'tit coup de gloss, les  petits ongles vernis , elle, la langue un peu tirée car elle est dans l'apprentissage des gestes de sa maman.....




Les premières boutiques, les nouvelles fringues, pas toujours du plus bon goût, mais le goût c'est comme tout, ça s'apprend !!
Ensuite, les premières amies avec qui on glousse pendant des heures, les premiers garçons, les premiers chagrins....et maman réconforte, câline, raconte ses propres aventures et ça se termine par des rires.....

Avec les garçons, c'est différent...j'ai jamais pu faire tout cela...Beaucoup de pudeur entoure les relations mère-fils...On se "cause" mais on ne se parle pas vraiment...ça ne me viendrait jamais à l'idée d'aller faire les boutiques avec un de mes gamins , ou de lui demander de venir donner un coup de main à sa vieille mère pour le grand ménage de printemps !! lol

J'ai manqué plein de choses sans  fille mais faut pas croire,  j'ai eu aussi   plein de satisfactions avec mes garçons !.... Mais y'a comme un manque , comme un trou dans ma vie...C'est assez étrange ce ressenti, peut être que c'est  l'âge  qui nous fait mieux comprendre ....

J'ai des petites filles, qui ont une superbe relation avec leur maman, et parfois je les envie...Ce que je peux donner, ce sont des gestes de mamie, pas des gestes de maman
Avec ma mère, j'étais noyée dans la masse...avec 5 filles elle avait trop de choses à s'occuper, trop de choses à penser...J'ai commencé ma relation avec elle vers 25 ans ...Une relation pleine de non-dits, pleine de pudeur...je suis devenue la mère de ma mère, et c'était pas le poste que je préférais....

Jusqu'au bout, j'ai joué ce rôle....Je choisissais ses fringues, l'emmenais dans les magasins..L'aidais à prendre sa douche, lui coupais les ongles, les cheveux...lui faisais ses mises en plis  chaque semaine ...

Elle n'était pourtant pas malade à cette époque, elle avait juste perdu mon père et elle avait besoin de quelqu'un pour "diriger", lui dire quoi faire....comme elle avait vécu toute sa vie sous l'autorité de ce dernier, lui parti, il avait fallu quelqu'un pour prendre le relais...

Elle a rencontré un autre homme avec qui elle a passé de belles années, mais j'étais toujours celle qui décidait de tout....J'ai déménagé, suis partie à 60 kms de chez elle, et ce fut un crève coeur pour elle...Elle a fait de la polyarthrite , maladie très douloureuse, et une fois, elle m'a dit que c'était dû à mon départ....ça c'était déclenché juste après mon déménagement...Son médecin lui avait dit que c'était en relation avec un choc psychologique et elle a vite fait l'association avec le fait que je n'étais plus là.....

Vous ai je déjà parlé de la culpabilité ?? Je suis coupable et je vais vous dire un truc de ouf, mais dans ma tête cette merdalgie qui m'empoisonne la vie n'est qu'un juste rendu aux souffrances infligées à ma mère.....

"Toi la fille que je n'ai jamais eue, qui sait si tu était venue ce que nous aurions fait ensemble...."

Hier c'était la fête des mères, et j'ai eu mes gamins au téléphone,toujours présents et fidèles,  mais j'ai quand même pensé à cette petite fille avec qui je n'ai rien partagé......







lundi 1 mai 2017

1 er MAI........

Je délaisse de plus en plus l'écriture...et pourtant j'aime ça, écrire !!

C'est comme la lecture....J'ai adoré lire, j'ai lu jusqu'à plus soif et j'aurais sans doute continué à le faire si je n'avais pas cette douleur lancinante qui me bouffe la vie.....En plus, il faut "paraître", faire semblant, ne pas faire peser cette douleur sur les autres, cacher sa mauvaise humeur; sourire....

J'ai la chance de pouvoir me réfugier dans mon antre aussi souvent que nécessaire, et là, je peux être MOI.....Sans crainte de jugement, je peux grimacer, geindre et m'assommer pour accéder au sommeil qui efface mes douleurs....

Et puis, il y a les jours de grâce, les jours bénis....Les jours où la douleur m'oublie ...Je les savoure en silence, je me sens à nouveau vivante, avec des envies de sortir, de soleil, des envies de partir à Paris.....De retrouver les endroits magiques d'avant....Quand j'étais en pleine forme....Mais je sais que le répit est de courte durée ...Alors je me contente d'en rêver...

En ce jour de 1er Mai je vous souhaite à tous une année pleine de joie et de bonheur....Que cette petite coccinelle vous accompagne dans toutes vos actions !